Jour 7 : Samedi 17 janvier 2026 : lagunes altiplaniques et mirador pierres rouges


Au moment où j’ouvre les yeux ce matin-là, je ne le sais pas encore… mais je vais vivre une de ces journées qui restent gravées pour longtemps. Une de celles qu’on raconte avec les mains, les yeux qui brillent… et un énorme sourire.

Sébastian passe me chercher comme prévu à mon hôtel. Aujourd’hui, direction les lagunes altiplaniques et le mirador des Pierres Rouges. Nous sommes tous les deux, rien que nous. Et dès les premières minutes de route, je me sens à l’aise… comme si je partais en excursion avec un vieux copain.

On discute, on rigole, on se découvre plein de points communs, les mêmes centres d’intérêt, la même façon de voir les choses… la voiture file sur la piste et, très vite, la complicité s’installe naturellement.

Le jour se lève doucement sur l’Altiplano. Les paysages sont juste… incroyables. Immenses. Silencieux. Bruts.



  


À un moment, Sébastian me lance tranquillement : « Tu vois, là-bas… on va s’installer pour le petit déjeuner. »

Et là… on s’arrête au milieu de nulle part. Littéralement. Du désert à perte de vue. Un décor sublime. Je me sens incroyablement bien, privilégiée, presque émue d’être là.

  Et ce n’est pas un petit café vite fait. Non non. Table dressée, œufs, tartines, gâteaux, fruits, café… un vrai festin, posé au milieu du désert. On mange en regardant les montagnes, le silence autour de nous.

Je me dis intérieurement : mais quelle chance de vivre ça.



  

  

  


On reprend la route.

Très vite, sur le bas-côté, on aperçoit des vigognes. Elles sont là, tranquilles, élégantes, fines, parfaitement à leur place dans ce décor sauvage. Ces petites silhouettes fauves font vraiment partie des rencontres mythiques de l’Altiplano, au même titre que les flamants… mais avec une ambiance beaucoup plus brute, beaucoup plus nature.

Je pense à leur incroyable adaptation à l’altitude, à leur laine ultra fine qui a failli les faire disparaître… et je suis heureuse de les voir ici, libres, dans leur territoire.

Puis je remarque un panneau indiquant la traversée d’un autre animal. Je demande à Sébastian si on a une chance d’en voir aujourd’hui.

Il me répond en souriant :« Peut-être… mais c’est beaucoup plus rare que les vigognes. »

À peine quelques minutes plus tard…Une silhouette traverse la route devant nous. On se regarde tous les deux :« Non… mais c’est pas vrai ! » Un nandou de Darwin. Une sorte de petite autruche version andine. Discret, brun-gris, parfaitement camouflé dans le paysage… et totalement inattendu.

Une rencontre magique. On rigole comme des gamins. Timing parfait. Whaou !! Formidable !

 

  

  


La route monte encore. Et puis, nous arrivons au mirador des Pierres Rouges.  

Plus de 4 200 mètres d’altitude… et je me sens étonnamment bien. Pas de maux de tête, pas de souffle court, juste une énergie incroyable et un immense sourire.

  Devant moi, le décor est à couper le souffle. Le sol clair, presque blanc, des zones humides peu profondes, des reflets verts et turquoise… et surtout ces roches rouge foncé, chargées de fer, sculptées par le vent, le froid, la chaleur et le temps.

Le contraste est totalement fou : le rouge des pierres, le blanc du salar, le bleu de l’eau, et le ciel d’un bleu pur.

  

  

  


On domine le salar de Talar, ses lagunes peu profondes, les montagnes volcaniques tout autour.   Je reste là, un peu sans voix.  

Et comme cette journée est décidément parfaite… on se met à faire une petite danse tous les deux, plantés au milieu de ce décor irréel. Oui. Une danse à plus de 4 000 mètres. Parce que parfois, il n’y a rien d’autre à faire que célébrer l’instant.

  

  


On reprend la route. On s’arrête souvent. Chaque virage est une carte postale !


  

  


Puis viennent les lagunes altiplaniques. Deux lacs de haute montagne, posés au pied des volcans. De grandes plaines désertiques, presque aucune végétation, un silence total. Une ambiance puissante, graphique, presque irréelle.

La première lagune, immense, ouverte, d’un bleu profond. Les volcans se reflètent parfaitement dans l’eau. Tout est calme. Apaisant
.
 

  

  


La seconde est plus petite, plus encaissée, encore plus paisible. Des flamants marchent doucement dans l’eau. On sent à quel point cet endroit est fragile, précieux, isolé.

Dans l’un des déserts les plus secs du monde… ces lagunes sont de véritables oasis.

Je me sens incroyablement chanceuse d’être là.



  

  


Nous nous arrêtons ensuite au village de Toconao.

Sébastian part préparer le repas pendant que je me balade dans les rues tranquilles.

Quelques maisons en pierre claire, des arbres fruitiers, une atmosphère douce, simple, paisible. Les murs sont construits avec cette pierre volcanique locale à la couleur crème, très reconnaissable, qui capte merveilleusement la lumière du désert.

Je fais un arrêt à la petite église du XVIII siècle. Modeste, belle, parfaitement intégrée au village.



  


Quand je rejoins Sébastian, il m’a préparé un vrai petit festin. On s’installe. On discute. On rigole encore.

Un peu plus loin, une autre guide est embêtée : ses clientes ont des allergies, une autre est végétarienne… pas de repas adapté.

Sébastian me regarde et me demande si ça me va de partager.

Évidemment.

On dépanne tout le monde. Les remerciements fusent. Les sourires aussi. Et cette petite scène toute simple rend le moment encore plus chaleureux.






On reprend la route en chantant dans la voiture. Oui, en chantant. Même playlist. Même délires. Franchement, cette journée a des airs de road-trip entre amis de longue date.

Nouvel arrêt, le tropique du Capricorne.

Une simple ligne imaginaire… et pourtant, quel symbole. C’est ici que la Terre bascule vers les tropiques. Ici que le soleil passe parfois exactement à la verticale. Une frontière invisible entre deux grands mondes climatiques.

Je me tiens là, au milieu du désert, à cheval entre deux hémisphères symboliques, à penser que je suis littéralement en train de traverser la planète… et ma propre aventure.


Ici, il ya même un chemin qui mène jusqu’à Cusco. Bon ce sera pour une prochaine fois !!!!


  

  


En fin de journée, nous rentrons à San Pedro. On se dit au revoir avec cette impression étrange qu’on se reverra forcément un jour. Une vraie journée de copains. Une vraie journée de partage.


  


Je mange rapidement un bout, puis je vais m’asseoir sur un banc de la place du village.

Je suis là, perdue dans mes pensées, encore pleine d’images, de couleurs, de rires…Quand soudain…BAM. Quelque chose me saute littéralement sur le dos.Je pousse un cri.

Et autour de moi… tout le monde éclate de rire. Je me retourne. C’est lui. Le fameux chien à qui j’avais donné un morceau de poulet un autre jour. Surexcité. Heureux. Visiblement très content de me retrouver.

Il tourne autour de moi, me saute dessus, remue la queue, … puis vient finalement s’asseoir bien sagement à côté de moi, comme si de rien n’était.

Les habitants trouvent la scène adorable. Moi… je suis morte de rire. Conclusion de la journée : je me suis fait un pote à quatre pattes !!

Plus tard, je m’achète une glace, je rentre tranquillement à pied à l’hôtel…

Et en marchant, je me dis que cette journée était vraiment tout ce que j’aime dans le voyage de la beauté, des rencontres, du rire, de l’imprévu…


 

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