Jour 1 : Dimanche 11 janvier 2026 Montpellier/Paris


La route vers l’aéroport de Montpellier se fait tranquillement.et le trafic est fluide. Merci Maman de m'avoir accompagné à l'aéroport .

Dans la voiture, je sens déjà cette excitation particulière, celle qui précède les voyages qui comptent vraiment. Ceux qui vont me sortir longtemps de mon quotidien. À l’aéroport, tout s’enchaîne facilement.

Mon vol de 18h55 pour Paris décolle à l’heure. Je regarde la piste s’éloigner et, avec elle, la routine.


  


Direction Charles-de-Gaulle. À l’arrivée, la correspondance est rapide. Je passe du terminal F au terminal E sans difficulté, portée par le flot des voyageurs et par cette sensation étrange d’être déjà un peu ailleurs.

À 23h20, j’embarque pour Santiago. Cette fois, c’est le vrai départ. Celui qui traverse l’Atlantique, celui qui marque le début d’un très long voyage… et d’une aventure que je vis seule, face à moi-même.

Dans la cabine, la lumière se tamise, les voix se font plus rares. Je m’installe.






Le temps s’étire, suspendu entre deux continents. Puis, avant l’atterrissage, le spectacle arrive sans prévenir. Sous l’aile de l’avion, la cordillère des Andes se dévoile lentement. Des lignes infinies de montagnes, des crêtes déchirées, des sommets encore poudrés de neige. Je reste figée, le front presque collé au hublot. Je contemple ce paysage immense, silencieux, irréel.

À cet instant précis, je le sais. Ce voyage ne sera pas comme les autres. Je souris toute seule dans mon siège. Devant moi, l’Amérique du Sud m’attend.






Jour 2 : Lundi 12 janvier 2026 Arrivée à Santiago 

Situé sur la côte pacifique de l’Amérique du Sud, le Chili s’étire comme un long ruban de terre entre le Pérou et le Cap Horn. Plus de 4 300 kilomètres de longueur pour à peine quelques centaines de kilomètres de largeur, coincé entre la cordillère des Andes et l’océan. Un pays isolé naturellement, façonné par les volcans, les tremblements de terre et les grands espaces. Ici, on parle le castillan, mais aussi le mapudungun, l’aymara… et, sur l’île de Pâques, le rapanui, langue polynésienne chargée de mystères.

L’avion se pose enfin sur le tarmac de Santiago. Il est 9h40, heure locale.

Après une nuit suspendue au-dessus de l’Atlantique, je foule pour la première fois le sol chilien.  

Je traverse calmement le service de l’immigration pour récupérer le précieux PDI, ce petit papier qu’il faudra surtout conserver jusqu’à la sortie du pays. Le premier document officiel de ce long périple.

Ma valise apparaît sur le tapis. Je la récupère, encore un peu engourdie par le vol, mais déjà pleinement éveillée à ce qui m’attend.

À la sortie de l’aéroport, je repère immédiatement mon chauffeur. Une pancarte avec mon prénom. Un détail rassurant quand on arrive seule, à l’autre bout du monde. Je monte dans la voiture et laisse défiler, derrière la vitre, mes premières images de Santiago. Première étape du voyage : rejoindre mon hôtel.

Je loge au Ladera Hotel, dans le quartier de Providencia. Un quartier vivant, central, parfait pour commencer à apprivoiser la capitale chilienne. Le check-in se fait rapidement. L’accueil est chaleureux, simple et efficace. Je monte dans ma chambre. Elle est moderne, propre, lumineuse. Climatisation, wifi, mobilier contemporain… exactement ce qu’il faut pour reprendre ses esprits après un vol intercontinental. Je pose mon sac. Ça y est. J’y suis !



  


Je descends aussitôt à la réception pour récupérer un plan de la ville. Première mission : trouver un bureau de change pour obtenir mes premiers pesos chiliens. À l’accueil de l’hôtel, une dame m’indique gentiment les bureaux de change. Elle me montre l’itinéraire sur la carte et me précise simplement : « c’est juste après la rivière ».

Carte en main, sac sur l’épaule, je pousse la porte de l’hôtel.



  


Le plan à la main, je marche droit devant moi. Je suis sûre d’être dans la bonne direction… et pourtant, aucune rivière à l’horizon. Je continue encore quelques pas. Toujours rien.
Je m’arrête et interpelle un monsieur qui passe. Et avec mon Espagnol, je lui demande :
— La rivière, c’est bien par là ?
Il sourit, regarde devant nous et me répond très naturellement :
— Sí… la rivière est juste là.
Je regarde à nouveau. Et là, je comprends. Il y a bien un lit de rivière… mais avec si peu d’eau que, de loin, je ne l’avais tout simplement pas reconnue. Je ris !!



  


Quelques minutes plus tard, mission accomplie : j’échange mes euros contre mes premiers pesos chiliens.

A présent, je mets le cap sur ma première vraie découverte de Santiago : le cerro San Cristóbal.

Cette grande colline domine la ville, au cœur du quartier de Bellavista, entre Providencia et Recoleta. Son sommet culmine à 860 mètres et fait partie de l’immense Parque Metropolitano de Santiago, l’un des plus grands parcs urbains du monde. Un véritable poumon vert au milieu de la capitale.

C’est à pied que je fais l’ascension. Très vite, les rues laissent place aux sentiers du parc. Je marche tranquillement et c’est là que je rencontre Esteban. Un Chilien, venu faire son sport dans le parc. Nous échangeons quelques mots, puis naturellement, nous décidons de poursuivre la montée ensemble. La conversation s’installe facilement. Je lui raconte mon voyage, mon arrivée ce matin, mon périple à venir entre désert, montagnes, Bolivie et île de Pâques. Il me parle de Santiago, de ses habitudes, de ce parc où il vient souvent courir.

Un peu plus haut, je discute aussi avec deux jeunes en train de faire du skate, profitant des larges allées en pente. Les échanges sont simples, spontanés. Je me sens tout de suite à l’aise. Les Chiliens sont incroyablement accueillants et bienveillants.

Je continue de monter, entourée de verdure. Autour de moi, le parc semble immense. J’aperçois, au fil du chemin, certaines des installations qui font la réputation du cerro : le zoo national, le paisible jardin japonais niché au pied de la colline, les grandes piscines municipales, les aires de jeux, les zones de pique-nique, les sentiers de randonnée, les cyclistes, les familles, les sportifs.   Un véritable parc de vie, suspendu au-dessus de la ville.






Et puis, après l’effort, le symbole apparaît enfin. La statue de la Vierge Marie se dresse devant moi, monumentale.

Au sommet du cerro San Cristóbal, un sanctuaire est dédié à l’Immaculée Conception. La statue mesure vingt-deux mètres de haut, posée sur un socle de plus de huit mètres. On la distingue de très loin dans toute la ville. C’est l’un des grands emblèmes de Santiago.



 

  


Juste à côté il y a une petite chapelle, c’est ici même que le pape Jean-Paul II est venu prier et bénir Santiago en 1987.


  


Puis je me dirige vers les belvédères. Et là… la ville s’ouvre entièrement sous mes yeux.   Santiago s’étend à perte de vue. Les immeubles, les quartiers, les grandes avenues, les collines au loin… et, en toile de fond, les Andes, immenses et silencieuses, qui semblent veiller sur la capitale.   Je reste longtemps immobile face à ce panorama.

Seule, au sommet de ma toute première ascension chilienne, je réalise que ce voyage commence exactement comme je l’espérais : par des rencontres, des détours imprévus, et ce sentiment grisant d’être déjà très loin de chez moi
.


  

  


Pour redescendre du cerro, je choisis le funiculaire. La petite cabine glisse lentement sur la pente, entre les arbres, et je regarde une dernière fois la ville depuis les hauteurs avant de replonger dans l’agitation urbaine.

  

À l’arrivée, je prends le temps de flâner dans le quartier de Bellavista, un quartier vivant, coloré, bohème, rempli de petites rues animées, de terrasses et de façades couvertes de fresques.

La chaleur est écrasante aujourd’hui. Le soleil tape fort et la fatigue commence doucement à se faire sentir après la nuit d’avion et l’ascension du matin. Je passe donc rapidement par mon hôtel pour prendre une douche et me changer. Quelques minutes pour reprendre des forces… et je repars aussitôt.


  

  

Je mets maintenant le cap sur le cœur historique de Santiago.

Je commence par le centro histórico. Les bâtiments changent complètement d’atmosphère. L’architecture devient plus solennelle, plus ancienne. Je passe devant l’Université du Chili, institution emblématique du pays, puis je passe devant  l’église San Francisco, l’un des plus vieux édifices religieux de la ville.

Je poursuis jusqu’au barrio Paris & Londres. Deux petites rues élégantes, pavées, bordées d’immeubles aux façades européennes. On se croirait soudain transportée dans un décor parisien, perdu au milieu de l’Amérique du Sud.

Ensuite, je traversel’avenue O’Higgins, large et bruyante, véritable artère qui coupe la ville en deux, pour rejoindre un autre quartier emblématique du centre : Londres & Nueva York. Là encore, le contraste est frappant. Les immeubles sont plus massifs, plus imposants. Je découvre notamment la bourse de commerce de Santiago, avec son architecture solennelle et ses grandes façades de pierre. Je remonte la rue, puis je tourne sur la rue de la Moneda.

  

  

Le palais de La Moneda, siège du pouvoir exécutif chilien, s’impose par ses lignes sobres et élégantes. C’est l’un des lieux les plus chargés d’histoire du pays. Sur certaines façades, on distingue encore les impacts de balles du coup d’État de 1973.

 Derrière le palais, il y a la place de la Constitution, vaste esplanade ouverte bordée de bâtiments officiels. Je poursuis vers le barrio cívico, où se concentrent le Sénat, le Congrès et le Palais de Justice. Les édifices sont monumentaux, très ordonnés, presque austères. L’État chilien s’expose ici dans toute sa solennité.

À seulement un pâté de maisons, l’ambiance change de nouveau. La Plaza de Armas, le véritable cœur de Santiago. La place est vivante, bruyante, animée par des musiciens, des passants, des vendeurs ambulants. Tout autour se dressent la cathédrale métropolitaine, majestueuse, le bâtiment des Correos de Chile et la Municipalidad de Santiago. Sur la place se trouve aussi le musée national.

Je mange sur le pouce dans une petite rue voisine. 


  

  

  

Ma marche continue. Les rues s’enchaînent, les quartiers se mélangent, la lumière commence à baisser doucement sur les façades du centre-ville. Je me laisse porter, sans itinéraire précis, guidée uniquement par l’envie de découvrir et par cette sensation grisante d’être seule, libre, dans une capitale que je commence à apprivoiser.

Lorsque je regagne enfin mon hôtel, il est déjà 23 heures.


  

  

  

Pour un premier jour au Chili, Santiago m’a offert bien plus qu’une simple visite… Elle m’a déjà donné un vrai goût d’aventure.

 

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